TAHYA YA DOUDOU!

Veröffentlicht am 31.12.2005

Né le 31 janvier 1934 au douar de Tamenjer, commune d’El-Ancer dans la wilaya de Jijel, Abou Laïd Doudou était, à l’époque, le seul parmi ses frères à avoir la chance d’étudier. Il rejoint l’école coranique qu’il quitte à la mort de son père pour subvenir aux besoins de sa famille qui vivait dans la misère à l’instar de toutes les familles algériennes de cette époque.

 

Il sera pris en charge par son oncle, le martyr Doudou Ahmed, qui l’inscrit à l’école de Cheikh Mohamed Ez-Zahi. En 1947, il est inscrit à l’institut Ben Badis où il rencontre les Ahmed Hammani, Abderrahmane chibane et autres Cheikh Yajouri. En 1951, il part pour la Tunisie où il étudie au renommé Djamaâ Ez-zeitouna. L’année suivante, il part pour l’Irak où il étudie la langue arabe dans un institut de la ville des mille et une nuits ; Baghdad. Il obtient une licence en littérature arabe et se rend l’année même en Autriche où il s’inscrit au département des sciences orientales. Il étudie la littérature arabo-persane, les sciences islamiques, la psychologie, la philosophie et les langues anciennes, notamment le latin. Il obtient son doctorat avec une thèse sur l’historien syrien Ibn Nadif El-Hammaoui. Thèse qui sera par la suite traduite en langue allemande. Il rejoint l’institut Kehl qui le sollicite pour enseigner la langue arabe à l’institut oriental pendant trois années. Il retourne en Autriche où il enseigne la langue arabe et édite plusieurs livres sur la littérature algérienne en langue allemande. En 1969, il rejoint l’université d’Alger où il enseigne la littérature comparée jusqu’à sa maladie puis sa mort. Abou Laïd Doudou a laissé des œuvres qui le garderont certainement dans la mémoire de tous ceux qui respectent la science et les hommes de science et de savoir de son envergure. Il a tout le temps été oublié même des siens. Il n’est même pas connu des gens de sa région. Comment pourraient-ils le connaître ces homo-brutus qui ne connaissent que les noms des footballeurs, des acteurs, des chanteurs de raï et des boukerches auxquels ils font les lèches-bottes. Qui connaît M’bark el-Mili, cet éminent savant qui est originaire d’El-Milia ? Qui connaît Aziz El-Haddad, le chef de la révolte d’El Mokrani dans la région de Jijel en 1871? Qui connaît Ferhat Abbas ? Qui connaît Mohamed Seddik Benyahia ? Le proverbe algérien dit « kikane hay chaoukouh ett’mar, ouki mate âalkoulou el âarjoun » (quand il était vivant on l’a privé de datte, après sa mort on lui a accroché toute une grappe).

M. Oudina


 

Articles apparu sur JiJel info le 31.12.2005

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