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L’homme de lettres et traducteur, le Dr Abou El-Aïd Doudou, nous quitte

Veröffentlicht am 17.01.2005

Un éminent spécialiste littéraire et un grand érudit

Abou El Aïd Doudou, décédé vendredi, est né le 31 janvier 1934, au douar Tamendjer dans la commune d’El-Anser, wilaya de Jijel. Il fut l’unique enfant de sa famille à rejoindre l’école coranique qu’il a dû quitter à la mort de son père en 1937 dont il prit la place pour prendre en charge sa pauvre famille.


A la fin de la Seconde Guerre mondiale, il est pris en charge par son proche, le chahid Ahmed Doudou qui l’inscrit à l’école du cheikh Mohamed Zahi. En 1947-1948, il s’inscrit à l’institut Abdelhamid Ibn Badis où les érudits du mouvement de réforme, en l’occurrence Ahmed Hamani, Abderrahmane Chibane et cheikh Yadjouri furent ses enseignants.
L’année suivante, il part pour l’Irak pour étudier la langue arabe à l’institut supérieur des enseignants, à Baghdad. En 1956, il obtient une licence en littérature arabe, puis se rend, la même année, en Autriche où il est inscrit au département des sciences orientales pour étudier la littérature arabo-persane, les sciences islamiques mais aussi la philosophie, la psychologie et les langues anciennes, notamment le latin.
En 1961, il obtient le doctorat avec une thèse sur l’historien syrien Ibn Nadhif El Hamoui, une thèse qu’il traduira vers l’allemand.
Il continua d’enseigner au sein du même institut avant qu’il soit sollicité par l’université de Kehl où il enseigna l’arabe à l’institut oriental durant 3 ans. Il retourna en Autriche où il enseigne la langue arabe et édite un certain nombre d’études sur la littérature algérienne en allemand. De retour en Algérie en 1969, il rejoint le département d’arabe à l’université d’Alger où il enseigne la littérature comparée jusqu’à sa maladie.
Abou El Aïd Doudou a écrit plusieurs œuvres et en a traduites autant. Le Lac des oliviers, sa première nouvelle a été éditée en 1967 par la SNED et fut suivie par Dar El Thalatha en 1971, Le chemain d’argent en 1981, L’Algérie profonde et enfin une série de nouvelles La nourriture et les yeux publiées en 2002, la seule à avoir été traduite en français.


Le défunt avait également écrit nombre de pièces théâtrales, dont La terre en 1986, El Bachir en 1981 et des études notamment Des livres et des personnalités en 1971 et Etudes littéraires comparées en 1990. En matière de traduction, le défunt est le signataire des Mémoires de Pfeiffer en 1974, Trois ans au nord ouest de l’Afrique (trois volumes) et Le jardin d’amour (Une pièce théâtrale de Lorca) en 1976 et une pièce théâtrale de Tolstoi.
Marié à une Autrichienne, le Dr Doudou a été accompagné par celle-ci tout au long de son itinéraire littéraire et soutenu dans son combat contre la maladie. Il était père de quatre enfants, deux filles et deux garçons.

 


 

«L’Algérie pleure une plume raffinée» écrit le Président Bouteflika dans un message de condoléances à la famille du défunt

Le Président de la République, M. Abdelaziz Bouteflika a adressé un message de condoléances à la famille d’Abou El-Aïd Doudou décédé hier après-midi à l’hôpital des Glycines, d’Alger des suites d’une longue maladie, en voici le texte :
“J’ai appris avec consternation et affliction le décès du Dr Abou El-Aïd Doudou, romancier et un des doyens de la littérature algérienne et il est combien difficile de dire sa peine en cette douloureuse épreuve.
Tout en partageant votre douleur, mais aussi celle de la famille universitaire et culturelle algérienne en cette pénible circonstance je suis comme vous fier de l’œuvre du défunt qui fut un enseignant dévoué et une grande plume dont la mémoire nationale retiendra le nom parmi nos illustres hommes de lettres.
Nul doute que la perte d’Abou El-Aïd Doudou laissera un grand vide sur la scène littéraire algérienne, un vide qu’il sera difficile de combler. L’Algérie perd en lui un modèle et un exemple pour les hommes de lettres en matière de créativité mais aussi de nationalisme.
L’homme meurt, mais pas son œuvre et que pouvoir dire quand cet homme est de la trempe d’Abou El-Aïd Doudou.
Notre regretté est un des vaillants fils de l’Algérie qui s’étaient jurés d’arracher le flambeau du savoir durant l’ère coloniale, un flambeau qu’ils n’ont cessé d’alimenter pour illuminer et éclairer la voie des générations montantes. Aussi nous devons-nous d’être fiers de cet Algérien qui a puisé le savoir à l’institut de l’imam Abdelhamid Ben Badis de Constantine dans les années quarante pour intégrer, dans les années cinquante l’école supérieure des enseignants de Baghdad avant de s’imprégner, en terre d’exil, en Autriche, de la langue allemande pour étudier dans les plus illustres universités de ce pays pour retourner dans son pays et à l’Université d’Alger où il enseignera la littérature comparée sans oublier ses précieuses contributions à la presse nationale et dans le domaine littéraire et de la culture arabe.
Nous le perdons certes, mais pas sa littérature ni sa méthodologie en matière de recherche scientifique grâce au riche palmarès qu’il nous lègue et à l’esprit de bienveillance et de générosité qu’il a si bien inculqué à ses étudiants et aux amateurs de sa littérature.
L’Algérie, pleure aujourd’hui une plume raffinée qui a signé nombre de nouvelles et de critique mais aussi des traductions littéraires et historique de l’allemand, du russe, du français, de l’anglais et du persan.
Les amateurs de grande littérature lui retiendront le style littéraire qu’il a innové ainsi que d’autres styles à travers ce qu’il a appelé “comportements personnels”.
Je prie Dieu le Tout-Puissant d’accorder au défunt Sa Sainte Miséricorde, de le rétribuer pour nous et pour l’Algérie et de nous prêter réconfort en cette douloureuse circonstance.


A Dieu nous appartenons et à Lui nous retournons.”